Alors que le site Sublistatic à Hénin-Beaumont ferme officiellement aujourd'hui, les salariés maintiennent leur chantage à la pollution. Les 223 licenciés, qui occupent l'usine d'impression de textile depuis cinq jours, reçoivent ce matin la visite du préfet du Pas-de-Calais et d'élus locaux. François Ratajczak, ancien cariste entouré de cuves d'encre et de produits toxiques, prévient : « Si on s'aperçoit qu'on nous mène en bateau, on ouvre les vannes. »
Au programme, une table ronde pour évoquer le possible rachat du site par les salariés (sous la forme d'une société coopérative ouvrière de production). « C'est la énième hypothèse de reprise que l'on étudie, déplore Philippe Fremaux, secrétaire Unsa du comité d'entreprise. Et à chaque fois, elles n'aboutissent pas. Alors ça devient dur d'être optimiste. » D'autant que Sublistatic, plusieurs fois échangé entre des fonds d'investissement, doit effacer une dette de près de 30 millions d'euros.
Sublistatic, basé à Hénin-Beaumont (Nord) était le leader mondial du papier transfert pour la mode et la décoration. L'usine ferme aujourd'hui, le 15 janvier 2007 après plus de 40 ans d'existence. Insatisfaits des indemnités promises, les salariés menancent de déverser des produits chimiques sur le site s'ils n'obtiennent pas de meilleures conditions de départ. La possibilité d'une reprise de l'entreprise par les salariés eux-mêmes avait été évoquée et ils ont rencontré le préfet à ce sujet vendredi dernier mais les résultats ne sont pas encore connus.
Plus d'informations sur le site de l'entreprise : http://www.sublistatic.com